"J'ai énormément appris à travailler avec Louis Laforge !"

Patricia loison

Pour notre cinquième numéro de l'Entretien, rencontre avec celle qui a traversé le monde en long, en large et en travers pour Faut pas rêver et qui décortique désormais l'actualité dans le Grand Soir 3, il s'agit de Patricia Loison ! Cet entretien a été réalisé avant l'annonce de l'arrêt du Grand Soir 3. Tout notre soutien à l'équipe. 

Vous présentez le Grand Soir 3 depuis 2013 avec Louis Laforge. Mais vous avez également présenté cette édition seule depuis 2011 et avait présenté des JT sur LCI pendant 10 ans et pendant 4 ans sur Itélé. Vous êtes amoureuse de l'info ?

Oui ! C'est même une drogue dure ! Amoureuse de l'info et surtout amoureuse du fait d'expliquer la marche du monde, alors c'est très ambitieux, mais au moins essayer de comprendre comment ça marche les licenciements économiques que la décision d'aller intervenir au Mali que comment on fait un film. C'est amoureuse de la curiosité et comme on est dans un monde de plus en plus complexe, tous les gens croient tout savoir parce qu'ils sont inondés d'image et d'info de tous côtés, je pense qu'on a vraiment besoin de remettre à plat, d'essayer d'expliquer ce qui se passe et de questionner nos dirigeants aussi. Leur demander de rendre des comptes sur leurs choix, leurs décisions, plutôt amoureuse d'expliquer du fameux « Comment ça marche ».

Comment avez vous découvert cette passion pour l'information, le journalisme ?

Ce qui est assez marrant c'est que j'ai lancé une initiative dans ma ville où je vais essayer de faire un peu d'éducation aux médias si tant est que ça signifie quelque chose à des collégiens, et en fait moi quand j'étais au collège, j'ai eu une éducation avec des profs en partie anglo-saxons, et on avait un atelier qui s'appelait « Current event », donc événement d'actualité si on traduit littéralement, où on nous distribuer à chaque fois un article, au départ c'était pour apprendre l'anglais, on devait lire l'article et voir ce qu'on en avait retenu, et c'était sur des sujets super vivants, super différents, du coup ça m'a donné envie de comprendre. Ça pouvait être aussi bien sur un mariage forcé au Sri Lanka que les élections présidentielles aux Etats Unis. Ça a aiguisé ma curiosité. Après j'ai eu l'occasion de faire ma scolarité avec beaucoup de profs anglo-saxons, américains, et ils ont beaucoup le goût du débat de la confrontation d'idées sur tous les sujets, et une grande ouverture à pleins de choses, et je pense que c'est en partie ça qui m'a inoculé le virus de la curiosité.

Vos parents ont-ils soutenu vos envies, vos projets ? Comment vous ont ils aidé ?

Oui ils m'ont toujours soutenu. Comme j'ai su assez vite ce que je voulais faire, vers le lycée, je savais que le journalisme c'est ce que je voulais faire, donc ma mère avait vachement anticipé, elle s'était renseigné parce que moi, étudiante, j'étais un peu insouciante, donc on savait que ce serait sans doute Science po et une école de journalisme. Science po je l'ai passé et je l'ai pas eu, et par contre, une anecdote qui montre que ma mère toujours soutenu, quand j'ai eu la réponse que j'étais admissible à l'ESJ à Lille, j'étais qualifié pour les oraux, il y avait une dizaine de dossiers d'actualité à préparer pour l'oral, ça allait de l'argent du foot à Mozart ! Et moi j'étais aux Etats Unis, en université d'été en Californie, j'étais amoureuse d'un autrichien, j'avais pas du tout envie de revenir et quand ma mère m'a dit que j'étais admissible j'ai dit « Ouais cool super », voilà ! Et en fait elle m'a fait tous mes dossiers d'actu, et quand je suis revenue en France, dans ma chambre j'avais tous mes dossiers posés par terre, mes 10 dossiers avec des coupures de presse. Et donc je n'ai eu plus qu'à travailler et j'ai eu mon oral. Je pense que sans ma mère j'aurais peut être pas eu mon concours jusqu'au bout.

Vous vous spécialisez finalement dans l'actualité internationale et animez Faut pas rêver sur France 3. Vous partez donc à la découverte du monde. Une manière de faire vivre vos origines ?

Oui... Pas Faut pas rêver c'était au contraire un moment où j'en avais marre du Hard news et que j'avais plutôt envie de faire toujours découvrir le monde mais de le faire plus sympa et plus humaine et moins géopolitique. Comprendre le monde, oui, je pense que le fait je sois née ailleurs ça explique peut être en partie cet attrait pour la politique étrangère et c'est sûr que l'Europe et la France a un fonctionnement propre, un équilibre propre, un microcosme propre mais c'est totalement absurde de comprendre comment le monde marche si on pense pas qu'on né tous toutes les décisions partout ont un impact à un moment donné sur ta vie. Quand Apple sort l'Apple Watch ça créé des emplois en Californie, et ça créé des achats en Chine et ça fait que les chinois vont vouloir faire la même chose donc ils vont créer des trucs, aller prospecter pour trouver du Litihum dans je ne sais quel endroit ! C'est vraiment l'effet papillon ! Je pense surtout que si mes parents n'avaient pas entendu parler de l'Inde, ils ne seraient peut être pas intéressé à ce pays et moi je ne serais peut être pas arrivé où je suis... Mais c'est une lecture puisque eux quand ils ont cherché à adopter des enfants c'était pas seulement « Je m'ouvre au monde », ils sont passés par pleins d'associations, notamment catholique et chrétienne, et qui de fil en aiguille... Ils ne se sont pas dit tiens, « tendons la main au tiers monde » !

Face à ce climat tendu, sur les origines, face à cette haine envers l'autre, le tri des enfants, qu'est ce qu'un enfant adopté peut ressentir ?

C'est la fameuse phrase « Quand ils ont eu cherché les communistes, je ne me suis pas inquiété parce que je n'étais pas communiste, quand ils ont eu cherché les juifs, je ne me suis pas inquiété parce que je n'étais pas juif, quand ils ont eu cherché les femmes, je ne me suis pas inquiété je n'étais pas une femme, les enfants... jusqu'au jour où ils sont venus me chercher. » Je pense ça, je ne le ressens pas. Je me sens terriblement française donc pas concernée par ça... Mais j'ai jamais été stigmatisé pour ma différence, mais pourquoi pas un jour qu'on se dise un jour « Ah tous les journalistes indiens ! ». Là je me sentirais concernée ! Je suis très respectueuse des différences, et toujours très curieuse de comprendre ce que c'est d'être un juif pratiquant aujourd'hui, un musulman pratiquant, un juif athée, un musulman athée, un témoin de Jéhovah ou un africain animiste... Je n'ai jamais compris et je ne comprend toujours pas d'ailleurs, que ça puisse être vu comme une barrière. Je dois être très naïve, mais j'ai un truc qui n'ai pas dans mon logiciel. Je suis la preuve que on est tous soluble sans être dispersé, on est tous le modèle républicain que peut produire quelque soit ta couleur et ta religion des gens qui aiment ce pays. Je ne comprend pas qu'on clive comme ça, qu'on dise parce que t'es ci, parce que t'es ça tu peux pas être français... Après je suis consciente que à un moment donné, il y a eu une politique d'intégration ou un manque à intégrer ces gens qui ont pas eu la chance et qui avaient une histoire coloniale beaucoup plus lourde que moi.

Revenons maintenant à ce qui marquera bien plus que l'année 2015, le 07 janvier... Votre métier est attaqué à travers la tuerie chez Charlie Hebdo... Qu'avez vous ressenti ?

C'est un peu notre 11 septembre à nous. J'ai été comme tout le monde, je ne veux pas ramener ça à moi parce que c'est ridicule, j'ai été terrorisé. Pour le coup, le terrorisme a bien fonctionné vis à vis de moi, parce que j'étais vraiment terrorisé surtout que ça se passait pas très loin de chez nous. J'étais en état d'effrois total après Charlie Hebdo, j'ai mis beaucoup de temps à réaliser ce qui s'était passé, je comprenais ce qui s'était passé mais j'arrivais pas à croire qu'on ai pu tirer sur Cabu, tirer sur Charb, tirer sur des gens... Tu as l'impression de confronter les images de notre vie de bureau tous les jours et les images de la guerre en Israël... C'est un truc qui allait pas... J'arrivais pas à faire coller les deux choses. J'ai eu surtout peur après avec la nouvelle mécanique des chaînes d'infos qui couvrent ça tout le temps. Moi je travaillais pas le vendredi où il y avait la prise de l'Hypercasher et j'étais en état d'angoisse absolu. Je voulais aller chercher mes enfants, nous mettre au sous sol, je voulais plus sortir... Mon mari m'a résonné en me disant « Non non on continue, on va chercher les enfants, on les emmène à leurs activités, mais on entendait les hélicos, c'était flippant, la policière qui s'est faite tuer, c'était à un kilomètre du collège de ma fille qu'étais partie à pied.Pour une fois dans notre vie on est réceptif à l'angoisse quotidienne que vit une grande partie du monde. C'est comme si on crevait ta bulle d'un coup. De l’effroi, de la consternation, et cet espèce ce vide sans fond où tu te dis comment les jeunes élevés ici, qu'est ce qu'on a fait et où est ce qu'ont a failli pour que des jeunes français embrassent cette idéologie. Comment on peut aller tuer des non musulmans, mais d'une autre religion ce serait pareil, d'être aussi sectaire, de privilégier ce modèle, à notre modèle où tu peux faire ce que tu veux... Aller au cinéma, te marier, pas te marier, te marier avec un mec, te marier avec une fille, faire des enfants ou pas, voyager, dire ce que tu penses dans la rue... C'est ça qui m'effraie.

Et face à cet effroi, comment on fait pour continuer de travailler dans une rédaction, comment on fait pour avancer le journal ?

Moi je ne me suis pas sentie menacé dans ma profession. Mais c'est surtout que tu te remet en cause. Toute la théorie du complot qui pense que quoi que tu fasses c'est n'importe quoi tu mens, que t'es manipulé par le lobby juif... Moi ma réponse personnelle ça a été ce que j'ai commencé, j'ai été voir les deux collèges de ma ville, et un centre qui fait des activités pour les enfants, et je me suis dit le journal c'est pas fait pour les enfants, il existe le Petit Quotidien pour expliquer un petit peu les problématiques du monde, et je me suis dit comme on apprend à écrire, comme on apprend à compter, je pense que aujourd'hui les jeunes sont tellement soumis à une déferlante d'infos perpétuelle sans forcément avoir les clés de lecture pour les comprendre, je me suis dit qu'il fallait un BABA de sensibilisation aux médias et à la fabrication de l'info et à la géopolitique. Donc c'est ce que j'ai proposé, du coup c'est mon maire qui a été sensible, alors on y voit pas d'engagement politique, mais c'est la seule personne qui m'a tendu la main dans ce projet. Il me prête un local et tout ça, et on a lancé ça avec la mairie et du coup une fois par mois et plus si ça marche, j'aurais un groupe avec une vingtaine de collégiens, avec qui je vais faire ce que je faisais il y a trente ans quand j'étais à l'école moi même... Je vais distribuer un article, on va regarder un reportage sur Internet, on va en discuter, voir ce qu'ils en ont compris et selon la problématique abordée, je leur ferait un petit topo de c'est quoi Israël, c'est quoi une élection présidentielle, c'est quoi la décolonisation, c'est quoi l'esclavage, et on fera un débat. On trouvera un sujet clivant et il y aura deux groupes, et ils seront obligés d'inverser leur position à un moment donné pour défendre le point de vue qu'ils n'ont pas forcément embrassé au début. C'est assez modeste, mais si je peux ouvrir des oreilles et l'esprit d'une vingtaine de jeunes c'est déjà ça. En tant que journaliste on a une responsabilité à savoir armer les gens après ils pensent ce qu'ils veulent, et qu'ils aient une culture générale solide du Baba de la marche du monde. Je pense peut être naïvement qu'ils seront moins sensible à n'importe quoi raconté sur les site de propagande.

Quel regard portez-vous sur d'un côté les chaînes d'information et d'un autre côté sur les réseaux sociaux ?

Je suis né professionnellement là bas. Donc j'aime bien. Mais je pense que ça peut rendre fou. Je pense que c'est comme la carte d'or en chocolat il faut savoir s'arrêter ! Moi le jour de Charlie, le fait qu'on te répète sans cesse que le monde va mourir et qu'on va tous mourir, à un moment donné tu crois vraiment que tu vas mourir... Je trouve qu'ils font du bon boulot, ils ont une super réactivité, c'est un vrai service qu'ils rendent, même si c'est pas un service public, puisqu'il n'y a pas de chaîne d'info public pour l'instant... Mais qui doivent être d'autant plus responsable et attentif aux informations qu'ils couvrent et comment ils le couvrent. Parce que je pense qu'on participe aussi à cette folie en la couvrant. Je pense que c'est pas pour rien que les frères Kouachi voulaient parler à BFMTV... Parce que c'est devenue une espèce d'énorme caisse de résonance et ça peut faire résonner ce que ça veut. Il faut faire attention à quel propos tu entends souligner. Les réseaux sociaux c'est super, je trouve que c'est plus amusant, je trouve que c'est sympa, je suis très consommatrice de ça, j'adore Twitter, et ça créé une interactivité avec les téléspectateurs. Mais pareil ça peut aussi être des déferlante de haine, parce que c'est des tuyaux ouverts à tout le monde. Je pense qu'il faut qu'on apprenne à s'en servir. Tout est question de dosage, mais je pense que c'est super que quand tu va te balader quelque part, ta grand mère qui peut pas te suivre et qui voit toutes tes photos sur Facebook, c'est des trucs géniaux qu'on pouvait pas faire avant.

Quel regard portez-vous sur la politique en France qui est sacrément en crise avec des français qui n'y croient plus du tout. Qu'est ce qui a fait qu'on en arrive là aujourd'hui ?

Bah un la mondialisation parce que quoi qu'on en dise on a peu de prise sur les décisions qui nous échappent et dont on en paye les conséquences, que ce soit la politique monétaire américaine, la politique monétaire chinoise, le prix des matières premières, le fait qu'il y ait de grands mouvements de relocalisation, de délocalisation, les politiques perdent la main, et du coup les gens ont l'impression que leur vote ne sert à rien, et sur des choses économiques donc qui sont essentielles pour tout le monde, car c'est savoir ce que tu gagnes, et comment tu vis. On a aussi encore besoin d'une réflexion sur quelle Europe on veut, qu'est ce qu'on a peut être une européenne convaincu mais on a peut être trop délégué, et il y a pleins de non dits, il y a pleins de gens qui disent on sait pas, c'est pas clairement dit, on sait pas sur quoi l'Europe décidé, on sait pas sur quoi nous on décide, et puis de tenter des choses. Je pense que certes on est confronter à cet espèce de vent de la mondialisation, qu'on maîtrise pas et qu'on attend que ça passe, ça ne passera pas à mon avis, donc je pense que les idées nouvelles il ne faut pas les laisser passer. Les initiatives citoyenne il ne faut pas s'en priver. Ce que fait Alexandre Jardin avec ses zèbres, je trouve ça super intéressant, et je pense que si les gens ne sont pas content, ils n'ont qu'à s'engager. On peut pas toujours attendre qu'on nous donne la béquet et tout attendre des politiques. Après voilà... On pourrait rénover la cinquième, le régime présidentiel est il valide, ne faut il pas plus de parlementaire avec une démocratie parlementaire, des mandats plus court, des députés d'un terreau plus large, il y a pleins de choses à faire. On ne croit plus les politiques. Et la télé qu'on parlait il y a un instant, eux ne pensent comme toi et moi qu'à leur avenir, pensent à être réélus, il y a une histoire de limitation de mandat, pour vraiment faire sur ce quoi tu as été élu, et pas faire de la politique de la petite phrase, faire des choses modestes mais efficace, penser au climat, je pense qu'il y a pleins de choses à faire.

Revenons maintenant aux médias, êtes vous attentif aux audiences de votre tranche d'info ?

Oui je les regarde tous les jours ! Ça a une importance car comme les élèves à l'école qu'on le veuille ou pas c'est la note qu'on nous donne. Alors ça peut être une note de forme et pas une note de fond, mais quand 1 million de personne nous regarde on est forcément plus content que si c'est 800 000... Quand les gens sont restés, on est content. C'était un défi de créer une tranche d'info au delà de 22H30 pendant 1 heure.

Est ce que l'audience à une incidence sur la reconduction de l'émission ?

Je pense que non parce que si ça continue ou pas ce sera plus un choix d'antenne ou de chef, est ce qu'on remet des documentaires à 22H30, est ce qu'on met de l'info, c'était vraiment un choix. Il savait que de toute façon on ne ferait pas 2 millions ou 3 millions de personnes à cette heure là parce que c'est pas du divertissement et c'est vrai qu'on a plus envie d'être diverti que d'écouter de l'info à cette heure là. C'était vraiment un choix éditorial de faire ça. Une affirmation de service public que de dire à 22H30 on met de l'info sur une grande plage horaire. On regarde les chiffres, on est évidemment pas content quand on a de mauvais chiffres.

Comment pourriez vous davantage séduire avec un contenu informatif ? Quelles sont vos méthodes et quelles sont les recommandations qui vous sont faites ?

L'idée c'était de créer un duo, un peu de chaleur, un peu d'interactivité, un peu de complicité... Je pense qu'on peut séduire dans la façon dont tu te présentes, et par l'interaction avec ton partenaire mais je pense que la séduction dans une session d'info elle est beaucoup plus dans ce que tu proposes et dans les choix éditoriaux que tu fais. Je pense que c'est comme ça que tu séduis les gens. Je pense que t'es plus séduisant en faisant ce qu'on fait tous les soirs, en recevant Taubira 9 minutes nous disant ce que ça représentait l'esclavage pour elle dans son histoire pourquoi elle s'est plongé dans cette histoire méconnue, qu'est ce que ça fait de savoir que ses ancêtres ont été déporté par bateau à fond de cale... Je pense que proposer ça aux gens, proposer une information de qualité et des regards différents, c'est ça que je trouve séduisant. C'est comme ça que je suis séduite moi en regardant les infos. Si c'est pour voir et revoir les braquages à Marseille, j'ai rien contre Marseille ni rien contre les braqueurs mais ça m’intéresse pas ! Ça va rien m'apprendre de ce que j'ai vu dans la journée... Dans le divertissement, on a la chance d'avoir une partie culture, des fois les journalistes pure et dure n'aiment pas la culture, moi en tant que consommatrice, je me met à la place des téléspectateurs, j'aime bien, ça me séduit aussi de me dire qu'à la fin du journal après 45 minutes de dur, je vais pouvoir écouter et regarder Louise Bourgoin qui est charmante, entendre Raphael et son nouvel album... Pour moi c'est plus le menu que tu proposes qui et séduisant que la gueule du chef qui est en cuisine !

Comment définiriez vous votre duo avec Louis Laforge que vous formez depuis 2013 ?

La belle et la bête ! Louis c'est un peu la force tranquille et moi je serais plus vibrillonante. On s'est pas choisit, c'était un peu compliqué, on nous a choisi c'est déjà différent. Pour moi pour toutes ces saisons, ça a été mon espèce de pilier bien solide sur lequel tu peux t'appuyer. Je préfère quand il est là. On est devenus complémentaire. C'est plus sur notre fonctionnement à nous, où on sait qu'on peut compter l'un sur l'autre, dans la façon de travailler donc c'est quand même assez enrichissant. Et puis moi j'ai énormément appris en travaillant avec lui, je pense que j'ai appris plein de choses.

Que pensez vous de votre nouvelle présidente Delphine Ernotte Cunci ?

Je l'ai croisé aux femmes en or et je me rappelle avoir discuter avec elle dans le hall de l’hôtel avec ma maman. Ce que je sais d'elle s'arrête là. Je n'ai pas eu l'occasion de la rencontrer depuis qu'elle a été nommé. Après qui vivra verra... On est dans un tel, France TV est un paquebot, et est en pleine réformes dont personnellement je souhaite qu'elles aboutissent, pour avoir un meilleur impact de l'info, avoir des moyens regroupés je trouve ça assez séduisant ce fonctionnement. Je souhaite que ça continue. Après avoir quelqu'un qui a son expertise dans les nouvelles technologies, le numérique... c'est indispensable, c'est une compétence indispensable aujourd'hui quand on veut être un média compétitif. Tu peux plus ne pas avoir d'infos en ligne, de réactivité immédiate, France TV info est le premier ou deuxième site d'info, on a quand même une très forte fréquentation, ça monte en puissance, et ça restera pas ce que c'est aujourd'hui, c'est appelé à être élargi, développé, sur d'autres supports.

Comment définiriez vous votre métier ?

C'est pas un métier, c'est une passion ! C'est dévorant ! Ça prend toute la place, beaucoup de place, ça laisse peu de place à l'espace privé. C'est une espèce de sasser d'os quand même. Alors moi je me repose pendant les vacances, je ne lis plus rien à part les romans et Catherine Pancol que j'adore ! C'est le docteur Frédéric Salman qui dit il faut travailler 8 semaines, prendre une semaine de vacances, les 5 semaines suivantes penser à tes vacances, puis re-préparer tes vacances, et ne jamais prendre de vacances d'affilés parce que ton QI diminue. On perd 20% de QI pendant les vacances ! Donc je me dis qu'on a un QI au top ! Mais c'est quand même une mécanique un peu folle. Parce que quand tu rentres de vacances et que tu reviens ici, et qu'il faut pouvoir mener un débat sur les motions du PS, être béton sur Outreau et être au point sur ce qui s'est passé en Tchétchénie, tu te dis mais n'importe quoi ! Et en même temps c'est ce truc un peu dingue, cette palette hyper large qui est séduisante ! Mais des fois je rêve que je fais autre chose, que je suis fleuriste, danseuse professionnelle, que j'achète une maison d'hôte que je me déguise en poussin comme dans la pub du loto ! Peut être que c'est une vie et que j'aurais une autre vie professionnelle ou d'autres choses après.

Comment vous êtes arrivés à ce poste sur France 3 ?

J'ai couché avec tout le monde ! (Rires) Hommes et femmes indifféremment ! Rémy Pfimlin avait vu Faut pas rêver la première saison où je l'ai faite, il avait trouvé ça canon, et il trouvait que le côté sympathique, chaleureux, décontracté, promenade en éléphant au Laos tout en sachant interviewer l'ancien président colombien c'était pas mal. Il s'est dit que les deux facettes, la fille sympa et en même temps qu'ai des ton sur les news. Sur France 3 c'est quand le poste de Faut pas rêver s'est libéré que j'ai été l'heureuse élue de Georges Pernoud.

Est ce que vous avez aujourd'hui des envies nouvelles, des appels à faire ?

Oui ! J'ai pleins d'appel à faire ! J'avais accepté de faire ce Soir 3 parce que je sais bien que présenter une édition nationale dans une vie, l'offre ne repasse pas deux fois, donc il aurait été professionnellement dommage de ne pas la saisir. Quand je me retourne je trouve que c'est plutôt un beau parcours d'info. Faut pas rêver m'a permis de goûter à autre chose et j'aimerais trouver quelque chose qui combine les deux. Comme Anne-Sophie Lapix a su faire. Une émission comme C à vous ou la quotidienne où tu fais de l'info mais où tu es plus naturelle, dans l'empathie avec les invités, être un peu plus en bande... Mais aussi bien en radio qu'en télé. J'ai des idées de documentaires que j'aimerais bien faire aussi. Il faut un se mettre un gros coup de pied aux fesses, et deux sortir de ce truc de journal qui te prend ta vie toute la semaine.

Le mercato 2015 vous restez là ?

Pour l'instant oui, mais avec la nouvelle présidence, je serais quand même très sûre de moi si je te disais oui oui bien sur pas de problème ! Aujourd'hui on a un beau produit qui fait une heure, si c'est pour repartir sur journal traditionnel de 25 minutes avec une programmation aléatoire c'est moins séduisant. Après ça reste un JT sur une chaîne nationale. Mais je ne suis pas fermée, bien au contraire, à toute proposition. De toute façon à un moment donné il faut évoluer. Je vais pas faire le Soir 3 jusqu'à ressembler à Indira Gandhi avec cheveux blancs, chignon, et le truc horrible ! Ce serait cauchemardesque ! Une saison de plus ça se regarde mais j'en ferais pas plus.

Etes vous heureuse ?

Oui ! Totalement ! Ce qui est dure c'est le rythme, d'être là le soir, d'avoir un peu une vie en décalée, ne pas voir tes enfants et ton mari quand tu en as... D'être fatigué... Mais avec Louis, quand le rouge antenne démarre on se dit toujours, si on a eu une mauvaise journée, où c'est compliqué, on râle et tout et Louis me dit « Quand le rouge s'allume ça va partir ! » C'est vrai que j'aurais pas forcément dit ça il y a deux ans mais tu prends goût à l'adrénaline du direct, au fait de mener ton truc, tous les soirs remettre l'ouvrage sur le métier, c'est quand même très agréable quand tu y arrives, que le journal est bon. Donc oui ! Je ne suis pas malheureuse ! Heureuse c'est peut être trop fort, je suis bien dans mes baskets professionnellement.

Merci !

Crédit photo © Thomas Gogny

Patricia Loison News TV France 3 Interview

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